Publié le 20 Décembre 2014

Aucun article depuis... je ne sais plus ! La vie va vite, le travail abonde et les lectures s'espacent. Mais ma réputation de lectrice avide doit transparaître même auprès de mes proches lointains puisque des cadeaux de livres ont afflué en ce beau mois d'anniversaire ! Merci à eux, ils se reconnaîtront.

Ainsi, chers lecteurs anonymes de plus en plus nombreux, j'ai rencontré Jonathan Coe, Erri De Luca, Dimitri Sotakis, Kaoutar Harchi, Jean-Claude Lalumière et Kamel Daoud comme compagnons de réflexion en ces mois d'automne.

Le Salon des littératures européennes de Cognac, auquel j'ai participé, a invité les auteurs des Balkans en novembre 2014 et invitera les auteurs anglais en 2015. J'ai pu apprécier mon inculture à propos de ces auteurs en dehors de Matéi Visniec découvert à Avignon par son théâtre fort, acide et qualifié souvent d'absurde, et ce cher Kourkov que j'avais découvert au même salon il y a plusieurs années et qui nous a produit une conférence d'une force à fleur de peau liée à son dernier bouquin sur les évènements qu'il a suivi de l'intérieur en Ukraine sur la place Maïdan. Malheureusement, le salon ne semble pas avoir les moyens de produire des enregistrements de ces conférences.

Grand dommage aussi que le "grand entretien" avec Erri De Luca n'ait pas été enregistré non plus. Il y a raconté, je dirais dévoilé, l'événement qui l'a conduit à écrire Le tort du soldat et sa parole était celle d'un homme parlant à d'autres Hommes et en ces temps d'éructation de mots inutiles de nos "politiques", il a été rassurant pour moi d'entendre là des mots coordonnés les uns aux autres, profonds, simples et me parlant à moi comme à chacun dans l'assemblée, touchée par cette humanité de montagnard qui s'est mis à écrire par hasard, dit-il.

J'ai bien sûr lu Le tort du soldat avec cet éclairage et l'éclatement des propos dans les textes de De Luca me gêne toujours à la lecture. Comme un regret parce que, pour moi, c'est davantage un conteur nourri lui-même par les histoires racontées par ses anciens à Naples et écoutées par lui, dans l'interdit, à travers les murs. Dans ce grand entretien, il nous a tenu en haleine et a su gérer l'attention de son public, faire des jeux de mots, repasser vers des éléments plus tragiques et nous faire rire. Il était un excellent interprète et raconteur d'histoire mais la lecture, pour moi, de son texte qui raconte pourtant les mêmes idées, est plate.

Je sais, je ne devrais pas ! C'est un crime de lèse-littérature ! Certains d'entre vous vont me juger... quoi, d'ailleurs ?

Vos avis m'intéressent comme toujours.

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Rédigé par Sophie Curmi

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